Fugues
- 7 mai
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Dans les plis froissés d’une lettre, sur l’écran d’un téléphone ou par un message confié à la Croix-Rouge, des hommes, des femmes, des enfants lancent des appels qui traversent les guerres, les génocides, les frontières. Ces âmes s’appellent Setrak, Malayika, Paul, David, Edith.
Avec Fugues, Bénédicte Monnoye propose un texte polyphonique, traversé par les voix de l’exil, de la guerre et de la mémoire.
Ce roman épistolaire se construit comme une partition — récits, fragments de lettres, télégrammes, textos, courriels — où se répondent des destins séparés par le temps mais unis par une même expérience : celle de la fugue, de la fuite, contrainte ou choisie, qu’ils racontent chacun à leur manière, à leur époque. De la Seconde Guerre mondiale aux crises contemporaines, les personnages écrivent pour survivre, pour témoigner, pour rester liés. Un fils sur les routes de l’exode en 1940, une femme confrontée à la violence au Rwanda, un autre au génocide des Arméniens ; des familles déplacées, déracinées, suspendues à des décisions administratives ou à la peur, qui sont autant de trajectoires qui se croisent et composent une mémoire collective. Malgré les circonstances, ils disent l’amour et l’espoir. Le livre s’ouvre sur une adresse simple et bouleversante : une lettre de pardon à un inconnu croisé dans la rue, révélant d’emblée ce qui traverse tout le texte, à savoir la question du regard porté sur l’autre, de notre capacité à voir ou à détourner les yeux.
L’écriture de Bénédicte Monnoye est directe, sans effet, portée par une nécessité. Elle donne à entendre des voix singulières, souvent retenues, parfois brisées, mais toujours incarnées. Ce sont des récits d’arrachement, mais aussi de résistance, où subsiste une volonté fragile de croire encore en une forme d’humanité.
Parution le 30 mars 2026 auprès de Palmyre Editions.



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